NON à la prolongation illimitée de la centrale nucléaire de Mühleberg!
 

L’énergie nucléaire ne peut rien contre les dérèglements climatiques

Le lobby nucléaire n’échappe pas au « green washing ». Il prend prétexte des dérèglements du climat pour tenter de relancer cette filière. Promouvoir le nucléaire pour lutter contre les gaz à effet de serre est une démarche insensée ; ça revient à échanger la peste contre le choléra, dans la mesure où les dangers climatiques et nucléaires s’additionnent..

Le nucléaire est hors jeu pour 75% des émissions mondiales de gaz à effet de serre

Au niveau mondial, le nucléaire ne représente qu’une petite partie (2,5%) de la consommation énergétique finale dans le monde. D’ici 2030, cette part aura baissé à moins de 2%. Dans ces conditions, le nucléaire ne peut pas apporter une contribution significative aux problèmes climatiques. Pour que le nucléaire joue un rôle autre que marginal contre les changements climatiques, il faudrait multiplier par dix le nombre de réacteurs dans le monde, ce qui n’est envisageable ni économiquement ni socialement car cela ne serait pas accepté par la population. Il est bien plus efficace d’investir les milliards du nucléaire dans l’utilisation rationnelle de l’énergie: l’amélioration de l’efficacité énergétique est 7 fois plus profitable, par dollar dépensé, en termes de diminution des gaz à effet de serre que le développement du nucléaire.

Les besoins en électricité couverts par le nucléaire ne concernent pas la plupart des secteurs gros émetteurs de CO2, notamment les usages du pétrole (transports, industries, etc.) ou des pratiques comme la déforestation. Au CO2, il faut ajouter les autres gaz à effet de serre (protoxyde d’azote, méthane, composés fluorés) dont les rejets proviennent de secteurs d’activités pour lesquels le nucléaire n’est pas approprié (agriculture, composants électroniques, chaîne du froid, etc.). Au total, ce sont 75% des émissions mondiales de gaz à effet de serre sur lesquelles le nucléaire n’a et n’aura aucune influence.

 Le nucléaire n’est pas une réponse appropriée face à l’urgence climatique

Pour lutter contre le dérèglement climatique et stabiliser le climat, il faut diviser par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici 2050. C’est donc dès aujourd’hui qu’il faut agir. Dans 20 ou 30 ans, il sera trop tard. Dès lors, il est vain de miser sur d’hypothétiques débouchés tels que la mise en service de nouvelles centrales nucléaires (qui n’interviendrait dans tous les cas pas avant 2025), le nucléaire de 4e  génération (pas opérationnel avant 2040), ou la fusion nucléaire (qui ne sera éventuellement disponible que bien après 2050).

La filière nucléaire n’est pas neutre en CO2

Si l’exploitation d’une centrale nucléaire n’émet pas de CO2, les émanations de GES de la filière nucléaire complète ne sont, elles, pas négligeables. L’extraction du minerai nécessite de grandes quantités d’énergie. Celle-ci est fournie par l’électricité de centrales à charbon, très polluantes. Aux Etats-Unis, la plupart des usines d’enrichissement utilisent de l’électricité provenant également de centrales à charbon. Le transport du minerai, le retraitement des déchets, le démantèlement des centrales sont toutes des opérations énergivores. Ainsi, plusieurs études montrent que le kWh atomique génère entre 30 et 60 grammes de CO2. Cette proportion est appelée à s’accroître. En effet, comme les gisements à forte teneur en minerais arrivent à épuisement, les exploitants se tournent vers du minerai à faible concentration, nécessitant des quantités d’énergie encore plus grandes pour l’extraire. Diverses études montrent que, dans ces conditions, il faut compter avec une proportion de GES entre 200 et 332 grammes de CO2 (ou équivalents) par kWh (en comparaison, Chavalon engendrera 341 gr de CO2 par kWh produit).

Serge Ansermet, secrétaire régional du WWF Vaud                    
oct. 2009

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